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Antennes relais à Liège : des riverains réagissent au nom du "Principe de précaution" - Veto des citoyens (26/10/02)

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http://dossiers.lesoir.be/regions/liege/A_0310E6.asp

Les antennes relais à Liège

Des riverains réagissent au nom

du principe de précaution

 

Veto citoyen

aux antennes GSM

A-t-on tort ou raison de se méfier du GSM et des antennes relais ? Les avis divergent, et divergeront tant que des études épidémiologiques n'auront pas abouti à démontrer sa nocivité supposée. Pour Belgacom par exemple, son innocuité ne fait, évidemment, aucun doute. D'autres, comme Teslabel, une association luttant contre la pollution des ondes électromagnétiques, réclament au contraire la plus grande prudence, au nom du principe de précaution (voir « Repères »).

Malgré le doute, les affaires continuent. Et reprennent de plus belle même. En 2001, la Ville de Liège n'avait reçu que trois demandes de permis d'urbanisme pour l'installation d'antennes. Contre une vingtaine (!) depuis septembre 2002 (voir ci-dessous). Dans l'optique du passage à la téléphonie de 3e génération (UMTS), les opérateurs se pressent d'adapter leur réseau.

Mais à mesure que les relais se multiplient, le mécontentement de la population enfle. Sur la vingtaine de projets en cours à Liège, nous en épinglons deux, au sujet desquels les riverains, mis comme à chaque fois devant le fait accompli, réagissent.

Le premier concerne la rue des Waides, près de Saint-Nicolas, où Belgacom souhaite installer six antennes et un local technique. Alors que l'enquête publique s'est achevée, un groupe d'habitants a manifesté par écrit son inquiétude à l'échevin William Ancion, en charge de l'urbanisme : Nous récusons le choix du site d'implantation qui est trop proche des habitations (où habitent notamment de jeunes enfants) et à proximité immédiate de l'internat autonome de la Ville de Liège où séjournent de nombreux enfants et adolescents. En examinant brièvement les lieux, il est clair que d'autres options d'implémentation plus adéquates sont à étudier (par exemple, le terril de Saint-Nicolas).

Albert Wertz habite, lui, boulevard de Laveleye. Quand il a appris dès avril, par une indiscrétion, que Belgacom projette d'implanter six antennes au numéro 89, il a tenté de mobiliser le voisinage, non sans mal. Un tel projet, ce n'est ni Bierset, ni une autoroute qui va traverser votre quartier. Il faut expliquer aux gens la problématique des ondes électromagnétiques, dit-il. Bien qu'il fût très peu aidé, il a lancé une pétition à Vennes-Fétinne : 115 personnes l'ont signée.

Cet ingénieur en aéronautique, depuis lors membre de l'association Teslabel, se montre critique notamment à l'endroit de l'ISSeP (Institut scientifique des services publics, voir « Repères »), dont l'avis détermine le plus souvent la décision finale de la Région wallonne : Les fonctionnaires de l'ISSeP ne sont pas mandatés pour faire du zèle ! Ils se bornent, selon lui, à émettre un avis scientifique sans vraiment se soucier des habitants.

Etant donné la profusion actuelle de demandes de permis, Albert Wertz réclame que la Ville de Liège organise une séance d'information. Avec tous les acteurs : les opérateurs, l'ISSeP, un représentant du ministre Foret, des scientifiques indépendants, insiste-t-il. Il cite en exemple la Ville de Verviers où pareille initiative a été prise en avril.

Ce citoyen bénéficie en tout cas du soutien d'Ecolo. Le conseiller Alain Leens avait inscrit ce point à l'ordre du jour du conseil du 7 octobre et le refera pour le prochain. Relayant les requêtes des riverains de Vennes-Fetinne, il demande un débat public et une étude sur l'implantation d'antennes à au moins 300 mètres des habitations.·

Les demandes de permis pullulent

Depuis le mois de septembre, la Ville de Liège a reçu près d'une vingtaine de demandes de permis d'urbanisme pour l'installation d'antennes sur lesquelles le Collège doit remettre un avis.

Une enquête publique est toujours en cours pour les six projets suivants :
Avenue Rogier, 16. Installation de trois antennes en toiture. Opérateur : Belgacom.
Rue de Visé, 360. Deux antennes. Opérateur : Mobistar.
Rue de Fragnée, 40. Six antennes. Opérateur : Belgacom.
Boulevard Gustave Kleyer. Installation d'un pylône de 18 mètres surmonté d'un mât de huit mètres supportant six antennes. Opérateur : Belgacom.
Rue du Laveu (clinique Sainte-Rosalie). Implantation de trois antennes. Opérateur : Mobistar.
Rue Ernest Solvay (face au 14). Ajout d'une antenne sur le pylône existant. Opérateur : Mobistar.

Le Collège se prononcera également sur une série de projets pour lesquels l'enquête publique a été clôturée.

Voici les endroits d'implantation :
89, boulevard de Laveleye (six antennes en toiture);
4b, rue Montagne Sainte-Walburge (installation d'un relais);
12, rue de l'Espérance (trois antennes à 23 mètres du sol);
145, rue du Plan incliné (six antennes en toiture);
1, rue des Coquelicots (six antennes sur pylône de 30 mètres);
47, rue Louis Fraigneux (six antennes en toiture);
3-5, rue Charles Gothier (quatre mâts de quatre antennes);
8 rue de la Tonne (six antennes à 25 mètres du sol);
80, rue de Waides (six antennes et un local technique);
27, rue Ernest Solvay (six antennes sur pylône de 26 mètres);
100, quai Godefroid Kurth (trois antennes et un local technique);
64, rue Vandenhoff (pylône de 18 mètres avec un mât supportant six antennes).·

Eddy Lambert

Régions du mercredi 23 octobre 2002
© Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2002---> http://www.lesoir.be/

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REPERES

Permis. Une antenne GSM est considérée comme une construction à part entière. Un permis de bâtir doit donc être délivré par la Région wallonne . Après un accord préalable avec le propriétaire du lieu où ils souhaitent implanter leur antenne , les opérateurs de téléphonie mobile doivent attendre l’avis de l’Institut Scientifique de Service Public (ISSeP) , qui examine les aspects environnementaux . Vient ensuite l’avis de la commune concernée . Mais c’est avant tout sur l’avis de l’ISSeP que se base la Région avant de délivrer le permis de bâtir .

Nouvelle législation. Depuis le 1er octobre 2002 , le CWATUP (Code wallon de l’aménagement du territoire , de l’urbanisme et du patrimoine ) a été renouvelé afin d’intégrer le permis d’urbanisme et le permis d’environnement en un permis unique . Entre autres modifications , les installations de classe 3 , c’est à dire les installations réputées « non dangereuses » , ne nécessitent désormais plus de permis d’environnement , mais une simple déclaration du demandeur certifiant la conformité de son installation aux conditions définies pour celle-ci. Parmi ces installations de classe 3 , on retrouve les citernes à mazout , mais aussi les antennes GSM…

Normes. En juin 2000 , lors de la Conférence internationale de Salzbourg , les milieux scientifiques recommandaient une norme d’exposition permanente aux antennes GSM ne dépassant pas 0,6 Volts / mètre , afin de respecter le principe de précaution . En juillet de la même année , la Région Wallonne fixait le seuil d’exposition pour la population à 3 V/m , se calquant ainsi sur la directive européenne visant à protéger les équipements électroniques . Enfin depuis mai 2001 , la norme a été fixée à 20,6 V/m par un arrêté royal de l’ex-ministre de la santé publique Magda Aelvoet qui précise également respecter le principe de précaution . Cette limite de 20,6 V/m permet d’installer une antenne puissante à 7 mètres des habitations et au même niveau que celles-ci.

Principe de précaution . Ce principe a été énoncé par les nations unies à Rio , en 1992 . Selon celui-ci , le manque de certitudes scientifiques ne doit pas être utilisé comme prétexte pour différer la prise de mesures efficaces destinées à empêcher un dommage environnemental.

Infos. Le gouvernement fédéral a mis en place un site Internet d’informations sur les GSM : www.infogsm.be. Par ailleurs, Teslabel , association de défense et de réflexion sur la problématique des champs électromagnétiques , dispose également d’un site Internet : www.teslabel.be (voir fichier désinformation).

F.Be (st.)
Le soir , 23 octobre 2002

Voir le début de ce dossier dans le fichier Liège1

Voir la suite de ce dossier dans le fichier Liège2