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Antennes relais à Liège : des riverains réagissent au nom du "Principe de précaution" - Veto des citoyens (26/10/02)

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Voir la suite de ce dossier dans le fichier Liège et liège2

 

Albert Wertz
93 B , Boulevard Emile de Laveleye
4020 LIEGE

 

A l'attention  du Collège des Bourgmestre et Echevins de la Ville de Liège ,

Service des Permis d’Urbanisme , quai de la Batte , 10 ,

4000 LIEGE 

Liège , le 19 septembre 2002

Monsieur le Bourgmestre , Mesdames et Messieurs les Echevins ,

 

Objet : demande de permis d’Urbanisme N°68843 ayant trait à l’installation d’une station de mobilophonie sur le toit de l’immeuble sis 89 Boulevard Emile de Laveleye , 4020 LIEGE

 

J’ai pris connaissance du dossier déposé au service de l’Urbanisme de la ville de Liège , introduit par la S.A.BELGACOM –PROXIMUS pour l’installation d’une station de mobilophonie composée de 6 antennes de 2,60m en toiture de l’immeuble sis au 89 Boulevard Emile de Laveleye et souhaite vous faire mes remarques à ce sujet.

 

1)      Etude de voisinage : (annexes 1)

Le rapport d’ évaluation des champs électromagnétiques de l’ISSeP (référence : 2J027) joint au dossier conclut que sur base de la description de la zone autour des antennes qui est fournie par Proximus , la limite de 4,7 V/m est respectée .

 

Je souhaite porter à votre attention le fait que cette conclusion repose sur une étude de cadastre incomplète faite par Proximus et avalisée par l’ISSeP.

 

En effet , le rapport de l’ISSeP déclare au §6 (page 6) intitulé Occupation du terrain autour des antennes : « Selon la description de la zone autour des antennes qui est jointe au dossier de demande de permis , il n’y a aucun lieu (où des personnes pourraient se trouver dans des circonstances normales) situé à une distance d’une antenne inférieure ou égale à 66,66 m dont la hauteur dépasse 21,76m ; par conséquent , aucun de ces lieux ne se trouve à l’intérieur d’une courbe d’iso-valeur.

 

Or si nous nous référons maintenant au volet 3 du dossier Proximus qui est pris comme référence : dans les tableaux des quatre pages intitulées Building Heights , les bâtiments voisins du 89 Bd E. de Laveleye sont répertoriés dans un rayon de 50 mètres seulement .

 

Ma remarque porte sur cette différence d’hypothèse sur le rayon d’action pris en considération : Proximus caractérise le site sur 50 mètres de rayon alors que l’ISSeP donne un avis technique sur un rayon de 66,66 mètres

 

Or , dans ce rayon de 66 m , une étude de cadastre sérieuse   (et même la simple observation) vous rapporteront  la présence d’un immeuble sis au 65A Boulevard Emile de Laveleye qui est un building de 8 étages  (comme celui du 89 où l’on envisage d’installer les antennes) qui fait une hauteur approximative de 30 mètres .

Il y a donc contradiction avec la conclusion du rapport de l’ISSeP qui ne prend en compte que des bâtiments de hauteur inférieure à 21,76 mètres.

 

  La conclusions du rapport de l’ISSeP suivant laquelle la limite de 4,7 V/m est respecté me semble remise en question pour cette raison , c’est pourquoi je vous demande officiellement sur base de cette non conformité de revoir les conclusions de ces rapports.

 

2)      Nuisance pour la santé : (Annexes 2)

Dans le dossier de Proximus , il est déclaré Chapitre 8 page 2 , dernier § : Risques d’autres nuisances éventuelles : «  Il n’existe pas d’autres nuisances éventuelles . Les craintes qui ont été exprimées par certains riverains et répercutées dans la presse concernant de prétendus effets nocifs pour la santé humaine , même lorsque les normes en vigueur sont respectées , ne reposent sur aucun fondement scientifique . Le respect de ces normes permet donc d’exclure tout risque d’autres nuisances éventuelles . Voir la brochure d’information éditée par le Ministère Fédéral de la Santé , Conseil Supérieur de l’Hygiène  , et intitulée : GSM , téléphonie Mobile en Toute Sécurité ? »

 

Cette allégation me paraît légère et basée sur une seule référence bibliographie qui est favorable au Lobby des opérateurs GSM .

 

Les normes actuellement en vigueur ne tiennent en effet compte que des effets thermiques (échauffement du corps) des ondes électromagnétiques , ceux qui sont les mieux connus.

Des effets non-thermiques ou biologiques sont cependant relatés dans de nombreuses études scientifiques (voir Bibliographie ci-jointe en Annexe 2).

Ces effets se produisent pour une exposition à de faibles intensités de champ électromagnétique micro-ondes. Les effets déclenchés en hyperfréquence peuvent affecter la plupart des systèmes biologiques et des fonctions de l’être humain : dysfonctionnements neuroendocriniens , modification du comportement , troubles immunitaires et activation de prolifération tumorales malignes.

 

C’est pourquoi il conviendrait plutôt en la matière d’appliquer le principe ALARA

(as slow as reasonably acceptable) à la base du principe de précaution .

 

Lorsqu’il y a doute et que l’on est responsable de la santé des populations , la précaution se doit d’être l’argument prioritaire me semble-t-il .

 

3)      Nuisances sonores : (Annexes 3)

Dans le dossier Proximus , il est déclaré au Chapitre 8 page 2 , paragraphe du milieu de page : Niveau sonore des activités projetées : « Le système électrique est muni d’un mécanisme de refroidissement qui ne fonctionne que lorsque la température extérieure est supérieure à 25°C. L’isolation dont sont pourvues ces cabines implique que , même lorsqu’il fonctionne , le mécanisme de refroidissement ne génère pas de bruit audible à l’extérieur des cabines au-delà d’une distance de 20m. Les sites Proximus déjà installés n’ont pas encore généré de plaintes à cet égard .

 

Etant donné que j’habite au 93B du Boulevard Emile de Laveleye , mes voisins proches et moi-même devront donc supporter par les soirées et les nuits d’été (lorsque les fenêtres sont ouvertes ) , en plus des nuisances pour la santé dues aux ondes électromagnétiques , une nuisance sonore dont le niveau n’est même pas évalué dans ce rapport .

 

Le conseil des Bourgmestres et Echevins pourrait-il demander à l’opérateur des précisions sur le niveau sonore (en dB) , ainsi qu’une expertise indépendante sur cette pollution supplémentaire.

 

Puisqu’il faut un début à tout , soyez assuré qu’une plainte sera bien déposée à ce sujet si le projet vient  à se réaliser.

 

4)      Dépréciation de l’immobilier :

Malgré les déclarations officielles apaisantes sur l’inoffensivité des ondes électromagnétiques , il a été observé , partout où des antennes GSM ont été installées , une dépréciation de la valeur immobilière des appartements et maisons riveraines de ces antennes due aux difficultés de vente et de location dans ce contexte .
 
Si ce préjudice incombe en premier aux infortunés propriétaires de ces immeubles , il en incombera également par conséquence un préjudice financier pour la commune qui perçoit les précomptes , car les propriétaires seront obligés de vendre et l’habitat du centre ville se fera encore plus dispersé qu’il ne l’est actuellement.

 

 

J’espère que le Collège des Bourgmestre et Echevins tiendra compte de ces remarques qui remettent en cause ce dossier apportant pour le moins un doute sur l’opportunité de telles installations qui pourraient être évitées par l’étude de sites alternatifs (et il y en a ) situés en dehors de l’habitat , comme cela se fait dans les municipalités de Sidney ou San-Francisco où il me semble que les habitants utilisent autant leurs GSM qu’à Liège.

 

Je vous remercie de la bonne suite que vous réserverez à ce courrier et vous prie d’agréer , Monsieur le Bourgmestre , Mesdames et Messieurs les Echevins , l’expression de mes sentiments distingués.

 

Albert Wertz
Ingénieur Aéronautique

 

Les effets biologiques résultant d'une exposition aux ondes hyperfréquences de faible intensité.

Pour évoquer les effets des ondes électromagnétiques sur la santé, nous nous référerons à une liste non exhaustive de rapports et d'avis émanant de scientifiques de divers pays et nous donnerons un bref aperçu de leur contenu. Certains de ces documents sont repris intégralement sur le site.

- Vienna EMF-Resolution – October 25-28, 1998.

- Liste d'études de Sage Associates.

- Rapport du Dr G.J. Hyland.

- Texte du professeur Von Klitzing.

- Texte du Dr Leif G. Salford.

- Texte du professeur R. Santini.

- Etude "L'Irradiation Hertzienne" réalisée pour l'asbl TESLABEL Coordination en 1997.

- Document "Ondes hertziennes: la menace se précise" réalisé pour Teslabel en 1999.

- Salzburg Resolution on Mobile Telecommunication Base Stations, June 7-8, 2000.

 

1. Vienna EMF-Resolution – October 25-28, 1998.

Un Symposium intitulé "Mobile Phones and Health" s'est tenu à Vienne du 25 au 28 octobre 1998. Des scientifiques de divers pays ont discuté des effets biologiques et sanitaires potentiels des champs électromagnétiques RF (radiofréquences). Ils ont adopté une Résolution, la Vienna EMF-Resolution, concernant les effets biologiques des rayonnements électromagnétiques en radiofréquences.

Trois points de cette résolution doivent être soulignés:

· Les participants signataires admettent que les effets biologiques résultant d'expositions à faible intensité, sont scientifiquement établis.

· Ils affirment que le public devrait pouvoir participer aux décisions concernant les limites d'exposition et l'implantation des émetteurs.

· Ils demandent, de manière à promouvoir un usage prudent du téléphone cellulaire, de fournir une information suffisante sur le débat concernant la santé, de sorte que les utilisateurs puissent gérer une réduction de leur exposition aux champs électromagnétiques.

Ils affirment aussi que le consensus scientifique actuel est insuffisant pour établir des standards d'exposition fiables. Cela veut bien dire que des effets biologiques potentiellement délétères peuvent se produire à faible intensité d'exposition, mais que les scientifiques ne peuvent pas atteindre un consensus sur la valeur la plus faible de l'intensité d'exposition qu'il faudrait adopter comme limite d'exposition. Dès lors, ils ne se sont pas prononcés sur des valeurs limites, lors de ce symposium.

 

2. Liste d'études de Sage Associates.

Sage Associates, consultants en matières environnementales aux USA, a établi en 2000, une liste d'études relatant les effets biologiques résultant d'expositions à des radiations électromagnétiques en hyperfréquences ou radiofréquences, à des niveaux d'intensité de loin inférieurs à ceux où se produisent les effets thermiques.

Une première liste d'études est présentée par ordre croissant de densité de puissance de l'exposition ayant mis en évidence certains effets. Nous relevons notamment les études suivantes:

- Von Klitzing (1995), dont nous donnons plus loin le contenu de son intervention au Colloque du Parlement Européen, le 29 juin 2000, a mis en évidence l'altération des ondes cérébrales de l'électroencéphalogramme (EEG) par l'exposition au signal d'un téléphone cellulaire (champs électromagnétiques hyperfréquences pulsés en basse fréquence), à une densité de puissance de l'ordre de 0,1µW/cm² (microwatt par centimètre carré), soit 0,614V/m.
- Kolodynski (1996) - fonction motrice, mémoire et attention affectées chez des enfants à l'école, par une intensité d'exposition de 0,16µW/cm², soit 0,78V/m.
- Magras (1997) – étude sur des souris: mise en évidence de la baisse de fertilité et changement dans le développement prénatal induit par des radiations RF à des niveaux de 0,168 à 1.053µW/cm², soit de 0,8V/m à 63V/m.
- Hocking (1996 – Sydney, Australie) – augmentation significative des cas de leucémies infantiles et des décès par leucémies, liée à l'exposition aux radiations d'émetteurs TV, pour intensité d'exposition entre 0,2 et 8µW/cm², soit entre 0,87V/m et 5,5V/m.
- Dolk (1997 – Grande-Bretagne) augmentation de l'incidence des leucémies chez les adultes liée à l'exposition à des ondes d'émetteurs radio et TV, à des densités de puissance comprises entre 1,3 et 5,7µW/cm², soit entre 2,2V/m et 4,6V/m.
- Un certain nombre d'études moins récentes avaient montré des effets d'une exposition à des rayonnements hyperfréquences sur les transferts d'ions dans les cellules (D'Inzeo 1988), sur les temps de réaction visuelle et sur la fonction mémoire des enfants (Chiang 1989), sur la détérioration du système nerveux (Dumanski 1974). Ces effets ont été mis en évidence pour des densités de puissance allant de 2µW/cm² à 10µW/cm², ce qui correspond à un champ électrique de 2,75V/m à 6,14V/m.

Une seconde liste d'études est présentée par ordre croissant de Taux d'Absorption Spécifique (TAS ou SAR en anglais) pour lequel des effets biologiques résultant d'une exposition à des rayonnements micro-ondes, ont été mis en évidence.

Le SAR s'exprime en Watts par kilogramme (W/kg) et n'est pas mesurable sur l'homme; il est admis que pour un corps humain, une densité de puissance incidente de 1mW/cm² (milliwatt par centimètre carré) correspond en moyenne à une densité de puissance absorbée (SAR) de 0,4W/kg. Donc un SAR de 0,4W/kg correspond à une densité de puissance de 1.000µW/cm²(microwatt par cm²). Toutes ces valeurs sont des moyennes sur le corps humain.

Nous citerons notamment les études suivantes:

- Kwee (1997) – changements dans le cycle cellulaire et la prolifération des cellules résultant d'une exposition au signal d'un téléphone cellulaire à 960MHz avec un SAR compris entre 0,000021 et 0,0021W/kg. Cela se situe entre 0,05µW/cm² et 5µW/cm² (soit entre 0,43V/m et 4,3V/m).
- Salford (1997) a mis en évidence la modification de la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique qui protège le cerveau contre les toxines et les substances chimiques nocives pouvant se trouver dans le sang, pour un SAR jusqu'à 0,0004W/kg, soit 1µW/cm² (soit 1,94V/m).
- Dutta et al. (1989) ont mis en évidence une augmentation des flux calcium induite par l'exposition à des radiations radiofréquences pour un SAR de 0,005 à 0,05W/kg, soit de 12,5 à 125µW/cm² (soit de 6,9V/m à 21,7V/m).

3. Rapport du Dr G.J. Hyland.

Le Dr G.J. Hyland de l'université de Warwick en Angleterre, professeur aussi à l'International Institute of Biophysics de Neuss-Holzheim en Allemagne, a participé au Colloque organisé au Parlement Européen, le 29 juin 2000.

Il a communiqué son avis et ses commentaires dans un document intitulé "Potential adverse Effects of Mobile Telephony Radiation on Brain Function", document qui a été traduit en français.

 

Le Dr Hyland y explique les influences non thermiques des radiations sur les systèmes vivants, effets qui se produisent à des intensités nettement en dessous de celles nécessaires pour provoquer un échauffement. Ce document fait référence à une quarantaine d'études et de rapports et à des expériences personnelles.

Le Dr Hyland met en exergue le fait que les enfants pré-adolescents peuvent encourir plus de risques que les adultes, car ils sont plus vulnérables. Et d'autre part, toutes les personnes ne sont pas également sensibles.

 

En conclusion, le Dr G. Hyland précise que des expérimentations ont indiqué des seuils non thermiques de l'ordre de grandeur du microwatt par cm², et qu'en conséquence, "les intensités d'exposition devraient être réduites à des niveaux situés en dessous de ceux où aucun effet nuisible n'a été trouvé empiriquement parmi les populations exposées". Puisqu'il existe des rapports relatant des effets nuisibles pour la santé à quelques dixièmes de microwatt par cm², il recommande de réduire les niveaux d'exposition à 10 nanowatt/cm² (= 0,01µW/cm²), cette valeur appliquant un facteur de sécurité de 10. 

Il demande aussi une prise en compte des effets qui entraînent une diminution du bien-être général pour ceux qui en sont victimes, "même si ces effets ne représentent pas une menace en soi pour la vie".

 

4. Texte du professeur Von Klitzing.

Le Dr Lebrecht von Klitzing, du Département Clinical Research de la Medical University à Luebeck, a résumé son intervention au Colloque du 29 juin 2000, au Parlement Européen dans un document intitulé "About the biorelevance of low frequency modulated high frequency emitters". Il y mentionne qu'il y a de nombreuses références à des effets biologiques se produisant à de très bas niveaux énergétiques qui ne correspondent pas au "modèle humain courant" à l'aide duquel on a calculé les limites des effets thermiques.

En ce qui concerne les effets biologiques dus aux champs électromagnétiques à haute fréquence, il y a des réactions des systèmes biologiques qu'on ne peut expliquer uniquement par la transformation de l'énergie en énergie thermique avec augmentation de température dans les tissus.

Pour le téléphone portable, la fréquence porteuse qui est une haute fréquence (900 ou 1800MHz – 1MHz = un million de cycles par seconde), est modulée par pulsations périodiques de basse fréquence (notamment à 217Hz). Ce signal modulé influence les signaux biologiques de l'activité cérébrale, ce que l'on détecte en relevant l'électroencéphalogramme (EEG).

Il y a des phénomènes de réaction physiologique sans que l'on connaisse aujourd'hui leur importance biologique; mais on sait que des usagers du portable tombent malades.

 

Le Dr von Klitzing a effectué des expériences pour tester l'influence des champs électromagnétiques pulsés à basse fréquence, à des niveaux énergétiques d'un ordre de grandeur 10.000 fois inférieur à celui des normes de sécurité.

 

Les résultats expérimentaux démontrent qu'il y a un effet sur l'EEG. L'effet n'est pas dû à l'onde porteuse (HF), mais aux caractéristiques de la modulation (ondes pulsées en basse fréquence).

Pour le Dr von Klitzing, il est clair que la périodicité à basse fréquence a une influence sur les systèmes biologiques. Certaines personnes deviennent malades à des densités de puissance inférieures à 100 microwatts/m² (note: cela correspond à 0,01microwatt/cm² ou à un champ électrique de 0,194V/m).

La durée de l'irradiation non interrompue est un autre facteur qui influence les résultats. Les normes de sécurité ne prennent en considération que la phase aiguë de la réaction du système biologique, et pas ce qui se produit durant les expositions continues de longue durée subies dans les environs de stations de transmission des systèmes GSM ou des systèmes DECT. Les petits enfants sont très sensibles à ces émetteurs jusqu'à des densités de champs de 10 microwatts/m² (soit 0,001µW/cm²).

 

5. Texte du Dr Leif G. Salford.

Le Dr Leif G. Salford, du département de neurochirurgie de l'Université de Lund en Suède, a fourni un résumé de son intervention au Colloque du Parlement Européen, dans un document intitulé "Mobile Communication and the Blood-Brain Barrier".

Il a coordonné des études sur les effets des champs électromagnétiques en radiofréquences sur la barrière hémato-encéphalique (barrière sang-cerveau) qui protège le cerveau contre les substances nocives qui pourraient être présentes dans le sang.

Ces études ont mis en évidence que l'exposition à des rayonnements électromagnétiques en radiofréquences est la cause d'une augmentation significative de la fuite d'albumine sérique à travers la barrière hémato-encéphalique chez des rats exposés par rapport à des rats non exposés.

De plus, la fuite d'albumine est plus prononcée pour des valeurs du Taux d'Absorption Spécifique (TAS ou SAR en anglais) inférieures à 1mW/kg (1 milliwatt par kg) que pour des valeurs plus élevées du SAR. Un TAS ou SAR de 1mW/kg correspond à une densité de puissance de l'onde incidente de 2,5µW/cm² (microwatt par cm²), soit de l'ordre de 3V/m en champ électrique.

Ces résultats montrent clairement qu'un environnement soumis à un rayonnement permanent de l'ordre de 3V/m ne constitue pas un environnement sain; une telle exposition continue à 3V/m peut présenter un danger pour la santé à cause de cet effet d'ouverture de la barrière hémato-encéphalique, permettant à des molécules indésirables voire toxiques, dans le sang, de se répandre dans le tissu cérébral et de se concentrer notamment dans les neurones.

Selon le Dr Salford, on ne peut exclure que ceci puisse favoriser le développement de maladies auto-immunes et neurodégénératives.

 

6. Textes du professeur R. Santini.

Le professeur Roger Santini, Docteur ès sciences, est chercheur à l'Institut National des Sciences Appliquées (INSA) de Lyon. Il est Expert pharmacologue-toxicologue et est l'auteur depuis 1979, de publications sur les effets biologiques des ondes électromagnétiques.

Il a notamment publié en 2000, dans les Editions scientifiques et médicales Elsevier SAS, un document intitulé "Danger des téléphones cellulaires et de leurs stations relais". Il mentionne les principaux effets biologiques des hyperfréquences ou micro-ondes rapportés depuis plusieurs dizaines d'années. Le syndrome des micro-ondes a été décrit dès les années 1960 par des chercheurs des pays de l'Est. Cette maladie des radiofréquences se caractérise par différents symptômes tels que: fatigabilité, irritabilité, céphalées, nausées, anorexie, auxquels peuvent être associés des effets cardiovasculaires (bradycardie, tachycardie, hyper ou hypotension, etc.), de la somnolence, des insomnies, etc.

Sont évoqués aussi les autres effets tels les perturbations de l'activité électrique cérébrale et la qualité du sommeil paradoxal, des effets sur la pression artérielle et les risques cancérogènes.

Dans un document intitulé "Il faut appliquer le principe de précaution vis-à-vis des stations relais de téléphonie mobile", publié en mars 2001 dans la Revue du praticien – médecine générale, les effets du syndrome des micro-ondes, connus depuis plus de 40 ans, sont passés en revue; en plus des effets cités ci-dessus, sont mentionnés des difficultés de concentration, des manifestations cutanées (allergies, eczéma, psoriasis), des modifications de la formule sanguine (taux élevé de lymphocytes), des perturbations de l'électroencéphalogramme et l'atteinte d'organes des sens (vision, ouïe, odorat).

L'auteur mentionne que certains pays ont déjà adopté des limites d'exposition très faibles, et qu'en France, le secrétaire d'Etat au logement a pris une position allant dans le sens de l'application du principe de précaution, concernant des installations de stations de base sur des balcons d'immeubles HLM.

En conclusion, le professeur Santini recommande d'appliquer le principe de précaution pour les stations relais de téléphonie mobile, de manière à protéger les populations riveraines. Il affirme que dans l'environnement des stations relais, les riverains ne devraient pas être exposés à une densité de puissance moyenne annuelle supérieure à 0,1µW/cm² (ce qui correspond à 0,614V/m).

 

7. Etude "L'Irradiation Hertzienne" réalisée pour l'asbl TESLABEL Coordination en 1997.

L'Irradiation Hertzienne est un document réalisé pour l'asbl TESLABEL Coordination, en 1997 et complété par la suite. Il constitue une synthèse d'études et de documents principalement australiens et néo-zélandais.

Les avis de nombreux scientifiques y sont rapportés, de même que les analyses et études effectuées notamment par le CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation) en Australie, et les rapports du Dr Neil Cherry, directeur de l'unité de recherche climatologique de la Lincoln University à Christchurch en Nouvelle-Zélande.

Le Dr Neil Cherry dit notamment: "Il y a des preuves claires, publiées et vérifiables par la communauté scientifique internationale, qu'il existe des effets sérieusement dommageables pour la santé suite à des expositions aux micro-ondes dont le niveau moyen se situe en dessous de 0,1 microwatt/cm². Elles proviennent aussi bien de la recherche sur le fonctionnement du cerveau que des études épidémiologiques."

 

8. Document "Ondes hertziennes: la menace se précise" réalisé pour Teslabel en 1999.

Un colloque s'est tenu à Londres, en juin 1999, pour les membres du Parlement du Royaume-Uni. Les interventions du Dr G.J. Hyland et du professeur Henry Lai de l'University of Washington à Seatle, USA, ont été résumées dans ce document rédigé pour l'asbl TESLABEL Coordination.

Pour le Dr G.J. Hyland: "Les normes de sécurité existantes régissant l'exposition du public aux radiations utilisées en téléphonie mobile, sont totalement inadéquates, et la philosophie qui sous-tend leur formulation, est fondamentalement défectueuse."

Il décrit les effets biologiques résultant du signal en basse fréquence propre au mode de transmission de l'onde pulsée. Le Dr Hyland conclut que les normes de sécurité actuelles ne sont absolument pas en mesure d'apporter une quelconque protection contre les effets subtils mais néfastes qu'il a évoqués. Ces normes ne sont pas capables "de prendre en compte le fait le plus significatif de tous: le caractère 'vivant' de l'organisme irradié!"

G. Hyland recommande de maintenir les densités de puissance auxquelles le public est exposé involontairement, bien en dessous d'un seuil qui est de l'ordre du microwatt par cm².

Rappelons qu'en 2000, le Dr G. Hyland se prononce pour une limite de l'ordre de 0,01µW/cm² (microwatt/cm²) (voir le point 4 ci-dessus).

Le texte de l'intervention du professeur Henry Lai est appuyé par une longue bibliographie d'études et de rapports.

Au point c) "Effets des micro-ondes de très faible intensité", le professeur rapporte différents effets biologiques constatés pour des intensités très faibles de l'exposition; il s'agit notamment des modifications dans la prolifération cellulaire, d'une diminution des fonctions de reproduction chez des souris exposées, de modification dans le métabolisme du calcium de cellules exposées. Il souligne le fait que la durée de l'exposition constitue un facteur important même à faible intensité.

Au point e), le professeur Lai explique les recherches qu'il a effectuées sur les effets neurologiques des micro-ondes. Celles-ci peuvent avoir un effet sur l'action des drogues et médicaments, elles peuvent affecter les fonctions de la mémoire et de l'apprentissage. Il souligne qu'un certain nombre de paramètres déterminent les réponses biologiques, ce sont la fréquence, la durée, la forme de l'onde, le type de modulation. Il reconnaît que la réaction du système nerveux aux micro-ondes est pour le moins complexe; mais il affirme: "Il est difficile de nier que les micro-ondes à faible intensité peuvent affecter le système nerveux".

 

9. Salzburg Resolution on Mobile Telecommunication Base Stations, June 7-8, 2000.

Lors d'une Conférence Internationale tenue à Salzburg (Autriche), les 7 et 8 juin 2000, des scientifiques de renommée internationale ont adopté une Résolution concernant les Stations de Base de Télécommunication Mobile.

En premier point, ils recommandent d'adopter une procédure d'autorisation pour la construction et la mise en opération des stations de base, qui devrait inclure les points suivants:

- L'information préalable et la participation active du public local.

- L'examen de sites alternatifs pour l'implantation.

- La protection de la santé et du bien-être (qualité de vie).

- Des considérations sur la protection du paysage et de l'urbanisme.

- Le calcul et la mesure de l'exposition.

- La prise en considération des sources existantes d'exposition aux champs de hautes fréquences.

- La vérification et la surveillance après installation.

Ils recommandent aussi d'exploiter toutes les possibilités techniques pour assurer une exposition aussi faible que possible.

Le dernier point de la Résolution précise:

Pour l'instant, l'évaluation des effets biologiques résultant d'expositions aux faibles doses provenant des stations de base, est difficile mais indispensable pour la protection de la santé publique.

Il est actuellement évident qu'il n'y a pas de seuil pour les effets nocifs pour la santé.

Les recommandations de limites spécifiques d'exposition sont sujettes à beaucoup d'incertitudes et devraient être considérées comme préliminaires. Pour le total de toutes les irradiations en hautes fréquences, une valeur limite de 100mW/m² (=10µW/cm²) est recommandée.

Pour une protection préventive de la santé publique, il est recommandé d'adopter un niveau préliminaire de 1mW/m² (un milliwatt/m²), soit 0,1µW/cm² (microwatt par cm²), pour la somme totale des expositions provenant des équipements en hautes fréquences modulées par impulsions en basses fréquences (ELF), tels les stations de base GSM.

Cette résolution appelle quelques commentaires:

La valeur limite recommandée pour le total de toutes les irradiations se situe au niveau des normes élaborées dans les pays de l'Est au cours des années dix-neuf cent septante; cette limite ne s'applique qu'aux ondes non pulsées, ondes des émetteurs de télévision et de radio. Il est donc fait une distinction très nette entre les ondes à modulation continue et celles à modulation pulsée en basse fréquence, telles les ondes utilisées pour le GSM et les radars, qui sont plus nocives pour la santé.

Il faut cependant rappeler que des études épidémiologiques sur les effets des radiations d'émetteurs radio et TV (ondes non pulsées), ont mis en évidence une augmentation significative de l'incidence de leucémies pour des niveaux d'intensité nettement inférieurs à 10 microwatts par cm²; il s'agit notamment des études de Dolk et de Hocking (voir dans Liste d'études de Sage Associates ci-dessus).

Et d'autre part, il faut aussi remarquer que ce niveau de 10µW/cm² est 4 fois plus élevé que le niveau imposé par une Directive Européenne, pour la protection des équipements électroniques (voir ci-après le tableau des normes et recommandations).

Enfin, plusieurs scientifiques recommandent dès à présent, des niveaux limite d'exposition dix fois plus bas que celui de la Résolution pour les ondes pulsées, à savoir un niveau de 0,01µW/cm² (microwatt/cm²) (voir le tableau des normes, ci-après).

 

III. Les limites d'exposition pour la protection de la santé.

Comme dit ci-dessus, la littérature scientifique internationale comporte des études et des rapports scientifiques relatant des effets biologiques et des effets délétères qui résultent d'expositions à des intensités du rayonnement électromagnétique qui ne provoquent pas d'effets thermiques; ces intensités peuvent être des milliers de fois plus faibles que les limites recommandées pour la protection contre les effets thermiques.

Sur base de ces connaissances scientifiques, des scientifiques de renommée internationale ont établi des recommandations pour la protection des populations contre les effets néfastes des radiations électromagnétiques à faible intensité. Certains pays tels l'Italie, la Suisse et le Luxembourg, ou certaines régions telle la Wallonie, ont adopté des limites plus restrictives que la limite des effets thermiques, et il faut noter que le canton de Salzburg en Autriche a choisi la limite recommandée par des scientifiques, à savoir une densité de puissance limite de 0,001W/m² (soit 0,1 microwatt/cm²).

Les normes et recommandations existantes sont reprises dans le "Tableau des normes et recommandations en V/m, W/m² et µW/cm²

 

 

                                                                                             Lettre pétition

Les habitants riverains du

Quartier Vennes -Fetinne

à 4020 Liège  

                                                                                  Liège , le 18 septembre 2002

 

A l'attention  du Collège des Bourgmestre et Echevins de la Ville de Liège ,

Service des Permis d’Urbanisme , quai de la Batte , 10 ,

4000 LIEGE 

 

Monsieur le Bourgmestre , Mesdames et Messieurs les Echevins ,

Objet: Implantations d’antennes GSM dans le quartier Vennes – Fetinne , Avis d’Urbanisme N°68843

Nous soussignés, habitants riverains du quartier Vennes - Fetinne , avons pris connaissance de la demande de permis d’urbanisme introduite par la S.A.BELGACOM MOBILE - PROXIMUS pour l'installation d'une station de mobilophonie composée de 6 antennes de 2,60m en toiture de l’immeuble sis au 89 Boulevard Emile de Laveleye , 4020 LIEGE.

 

Nous constatons d’autres implantations d’antennes GSM à proximité , à savoir :

-         Antennes GSM installées sur le toit de l’immeuble sis au 32 Rue Richard Heintz , autorisation accordée par la Région Wallonne le 16 juillet 1997

-         Antennes GSM (Mobistar) installées sur le toit de l’immeuble sis au 64 Boulevard Emile de Laveleye , autorisation accordée par la Région Wallonne en mars 2000.

 

Il nous revient que d’après l’article 5 bis de l’Arrêté Royal du 21 décembre 2001 , les opérateurs qui ont obtenu un permis pour ces installations devront introduire un dossier technique pour renouveler leurs autorisations en accord avec les nouvelles normes et nous demandons qu’une enquête publique soit organisée pour ces deux installations existantes également.

Nous souhaitons qu’un débat public soit organisé par la ville de Liège avec des représentants des élus communaux , l’ISSeP et des scientifiques indépendants , comme cela s’est fait à VERVIERS .

 

Nous constatons que les sites choisis pour ces installations sont situés à proximité immédiate des habitations.

Nous ne voulons en aucune façon nous opposer à l'extension du réseau de téléphonie mobile (GSM), mais nous récusons de la manière la plus formelle le choix de ces sites d'implantation qui est au cœur des habitations où habitent notamment de jeunes enfants.

 

En effet, même si les retombées au niveau de la santé sont encore mal connues à ce jour, nous ne pouvons les ignorer, car nous avons connaissance des risques possibles pour la santé, résultant d'une exposition à long terme à ces ondes électromagnétiques de type micro-ondes. Ces nuisances sont relatées dans la documentation scientifique belge et étrangère qui mentionne l'influence biologique à long terme, des ondes en radiofréquences et micro-ondes à des niveaux d'intensité très faibles. Selon ces documents, ce sont les enfants qui sont les plus exposés aux effets de ces rayonnements.

L'intensité minimale du rayonnement électromagnétique en radiofréquences et micro-ondes, pouvant entraîner des nuisances à long terme pour la santé, n'est actuellement pas connue et cela fait toujours l'objet de recherches et d'études. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a d'ailleurs lancé en 1996, un vaste programme appelé EMF, en vue de déterminer et de mieux préciser les nuisances pour la santé suite à une exposition permanente ou de longue durée à des rayonnements électromagnétiques.

 

Il convient donc aujourd'hui de mettre en application les principes de précaution et de prévention préconisés par les articles 129 et 130 R du Traité de l'Union Européenne. En conséquence, nous demandons instamment au Collège des Bourgmestre et Echevins, dans le souci du respect et de la protection de la santé et de la qualité de vie de leurs concitoyens et administrés, de refuser l'implantation de ces antennes GSM sur le site prévu.

Basant notre requête sur les recommandations de scientifiques français, australiens et néo-zélandais, et de responsables politiques, notamment le Sidney Council et la municipalité de San Francisco, nous demandons l'étude de sites d'implantation alternatifs distants d'au moins 300 mètres des habitations, et il en existe dans les environs.

 

Nous osons espérer qu'en votre qualité d'élus de la commune et de responsables de la qualité de la vie et de la protection de la santé de tous vos administrés, vous serez particulièrement vigilants quant à l'avenir de vos concitoyens et que vous soutiendrez notre point de vue.

Nous vous en remercions d'avance, et dans l'attente de la bonne suite que vous réserverez à notre demande, nous vous prions d'agréer, Messieurs, l'expression de nos sentiments distingués.

Les habitants riverains du quartier Vennes-Fetinne.

Le

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