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Communiqué de presse des
associations TESLABEL – GRAPPE – CLAG – GRHaL
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Communiqué de
presse des associations
TESLABEL – GRAPPE – CLAG – GRHaL
10/10/2008
Journée d’étude et de
réflexion « Antennes GSM »
Région Wallonne &
Fédération Inter-Environnement Wallonie
Namur 8 octobre 2008
http://www.iewonline.be/spip.php?article2394&var_recherche=GSM
Les quatre associations déplorent que toutes les sensibilités n’aient
pas été représentées dans les exposés au cours de cette journée. En
particulier, elles estiment que les comparaisons simplificatrices
entre les niveaux de risques liés au GSM et aux antennes relais
présentées par l’ISSeP
sont équivoques et induisent gravement le public en erreur. Elles
considèrent que compte tenu des incertitudes
et des dernières avancées scientifiques, entretenir l’illusion du
public par de telles affirmations péremptoires constitue un acte
irresponsable de la part d’un organisme public.
Ci-dessous :
-
Critiques
des associations des positions officielles défendues par l’ISSeP
-
Prises de
position du professeur André Vander Vorst au cours du panel
-
Commentaires
sur les ateliers et les recommandations.
A.
Critiques des associations
1. « Pour l’ISSeP, il convient de situer
le niveau d’exposition des recherches citées dans le rapport à ceux
auxquels sont exposés les riverains. »
Les associations portent précisément leur
attention sur les effets des antennes relais sur la santé. Sur base des
10 études épidémiologiques relatives aux antennes relais de téléphonie
mobile inscrites sur la base de données de l’OMS (2002-2008), 80 %
d’entre elles indiquent des risques sanitaires. Lors de la conférence du
Radiation Research Trust tenue à Londres les 8-9 septembre 2008 et
ayant regroupé 26 experts internationaux « des deux bords », le Dr
Michaël Kundi (Autriche) a présenté une synthèse des 14 études
épidémiologiques publiées, dont 10 indiquent des risques sanitaires, 3
non, et 1 est sans objet.
·
Annexe 1.
Liste complète avec liens vers la database de l’OMS (10 études)
·
Annexe 2.
Revue du Dr Michaël Kundi (Autriche) (14 études)
2. « La norme belge se situe parmi les
plus restrictives. Il existe des normes plus sévères (Italie, Russie,
Ville de Paris, ordonnance bruxelloise), mais elles font plutôt figures
d’exception. »
Selon le rapport du BioInitiative Working
Group et l’Agence européenne de l’environnement, la norme ICNIRP
(recommandation OMS) ne prenant en compte que les effets thermiques
serait de l’ordre de 1000 fois trop élevée. La norme belge (900 MHZ) ne
serait donc que 250 fois trop élevée (ce qui évidemment ne change
pas grand-chose). L’argument est donc non pertinent et induit le
public en erreur. Les normes plus sévères dans d’autres pays sont
presque présentées par l’ISSeP comme des anomalies (des exceptions),
alors qu’elles ont été souvent obtenues à l’arraché sous la pression des
associations.
3. « Une limite aussi faible que 0,6 V/m
en moyenne sur 24 h que proposent certaines associations n’aurait guère
de sens car une telle limite correspond à une utilisation d’un GSM dans
de mauvaises conditions moins de 3 secondes par jour. »
Cette comparaison est tout à fait
fallacieuse. Elle entretient la confusion entre deux concepts
radicalement différents : une exposition aiguë de courte durée et une
exposition de faible intensité de longue durée. Il n’existe AUCUNE base
scientifique permettant de soutenir l'hypothèse que d’un point de vue
physiologique une exposition de 1 W/m² pendant 1 heure est comparable à
une exposition de 0,001 W/m² pendant 1000 heures [Ces valeurs de
puissance incidente correspondent à des champs électriques de
respectivement 20 V/m (la norme belge) et 0,6 V/m (les associations)].
C’est une vision étroite, non biologique, basée encore une fois sur une
conception strictement thermique qui ignore les caractéristiques propres
au fonctionnement du vivant. Si l’on ne s’en tient qu’à l’aspect
thermique (une position éculée et battue en brèche par la science),
autant comparer l’exposition au GSM aux risques liés aux insolations.
Compte tenu des dernières avancées scientifiques, entretenir
l’illusion du public par de telles affirmations péremptoires
constitue un acte irresponsable de la part d’un organisme public.
4. « Une limite aussi faible que 0,6 V/m
en moyenne sur 24 h que proposent certaines associations n’aurait guère
de sens car il existe de nombreuses zones où les émetteurs de
radiodiffusion et de télévision produisent un champ nettement supérieur
à 0,6 V/m. Implanter des antennes de téléphonie dans de telle zones ne
serait plus possible sauf mise hors service de ces émetteurs. »
Ce raisonnement est fallacieux . D’une
part, le rayonnement des antennes de téléphonie mobile est un
rayonnement de haute fréquence pulsé, ce qui n’ est pas le cas
pour celui des émetteurs TV et Radio. La norme de 0,6 V/m ne concerne
que le premier. Dana la résolution de Salzbourg, les scientifiques
recommandent une norme 100 fois plus restrictive pour les rayonnements
de type pulsé par rapport aux rayonnements de type continu. D’autre
part, rien ne permet de considérer que l’exposition au rayonnement des
émetteurs TV/R est inoffensif pour les personnes les plus exposées (voir
point 8).
5. « Les mesures effectuées (…) indiquent
que le champ généré par une antenne de téléphonie mobile dépasse
rarement 1 V/m dans les zones accessibles au public. »
Sur base des études
épidémiologiques des risques sanitaires pour des niveaux d’expositions
normaux (inférieurs donc à 1 V/m), il est clair qu’une éventuelle
nouvelle recommandation à 3 V/m n’apporterait aucun bénéfice nouveau
pour le public si ce n’est l’illusion d’être mieux protégé. Même
si c’est en soi une avancée dans la bonne direction, cette disposition
entraînerait un retard important dans la mise en œuvre de solutions
réelles à la diminution des expositions chroniques.
6. « Une norme plus sévère (…) pourrait
être perçue par la population comme une confirmation de l’existence d’un
risque, ce qui ne ferait que renforcer les craintes. »
Le public, aujourd’hui
mieux informé, verrait plutôt dans une nouvelle recommandation la
confirmation que l’Etat prend ses responsabilités et applique
correctement le principe de précaution. Si la nouvelle norme est choisie
de façon responsable (cf. point 5), le public pourra au contraire
retrouver une confiance à juste titre entamée.
7. « En outre le rayonnement produit par
ces antennes (de radiodiffusion et de télévision) est plus pénétrant que
ceux dus aux antennes GSM, DCS 100 et UMTS. »
Encore une fois, le raisonnement n’est pas
pertinent. Il n’est pas tenu compte du fait qu’il est question
d’êtres vivants et non de murs. Ce caractère pénétrant n’est valide que
pour les effets thermiques.
Pour les effets non thermiques, de
plus en plus documentés (voir annexe 3), les hautes fréquences
pourraient au contraire être plus pénétrantes. Selon la physique
quantique, les photons
des hautes fréquences (téléphonie mobile) sont plus énergétiques, plus
gros et plus pénétrants que ceux de fréquence inférieure (radio/TV).
·
Annexe 3.
Une dizaines d’études sur les effets non thermiques de la téléphonie
mobile.
L’hypothèse prévaut que l’augmentation des
cas de douleur chronique, de fibromyalgie, de stress, de dépression,
d’épilepsie, d’allergies, de problèmes de vue et d'ouïe pourraient y
être liés.
8. « Il y a lieu d’accorder à des telles
sources de rayonnement (antennes radio/TV) toute l’importance qu’elle
mérité. »
Propos équivoques. D’une part, c’est
une sorte de diversion vers un autre problème (sous entendu : les
antennes radio/TV sont plus puissantes et d’ailleurs personne n’y
retrouve à redire). D’autre part, contrairement à ces sous-entendus, les
problèmes liés aux antennes de radio-diffusion sont également bien
documentés sur le plan scientifique (Voir Annexe 4). En Belgique, une
augmentation des cas de cancers à Tombeek a été documentée. Il est en
outre légitime de s’interroger sur l’innocuité de la télévision
numérique terrestre qui, une nouvelle fois, est lancée sans période
d'essai, pour une durée indéterminée.
·
Annexe 4 :
Revue de 11 études épidémiologiques relatives aux risques sanitaires des
antennes de radiodiffusion et de télévision, publiées de 1996 à 2007.
Entre les antennes de radio/TV et de
téléphonie mobile, il y a probablement facteur de proportionnalité 1 à
100 au niveau du public exposé.
L’attention supplémentaire portée aux
antennes de téléphonie mobile et autres sources de hautes fréquences est
liée à leur ubiquité et leur développement très rapide (1500 nouvelles
demandes en cours).
Rappelons en outre ces nouvelles demandes
répondent essentiellement à des nouveaux marchés de transmission
d’images, et non à une amélioration de la couverture GSM pour la voix,
qui est suffisante depuis des années.
B. Prises de position du professeur
André Vander Vorst au cours du panel (citations)
En contrepoint aux exposés entendus, les associations souhaitent mettre
en avant les interventions du professeur André Van der Vorst, expert
scientifique reconnu en matière de rayonnements micro-ondes, présent
dans le panel de discussion le 8 octobre.
Prudence
« J’ai passé toute ma carrière professionnelle dans le domaine des
micro-ondes, et j’ai été promoteur de 25 thèses de doctorat et présent
dans une quarantaine de jurys, dans des recherches portant notamment sur
l’animal vivant (lapins dans les années 1990 et rats en 2008). Cela a
permis d’obtenir des indications qui se sont ajoutées à un très grand
nombre d’autres indications incitant à la prudence. J’ai présidé le
groupe de travail du Conseil Supérieur de la Santé et effectivement nous
estimons qu’il y a des indications qui incitent à la vigilance et à la
prudence. Pour ma part, je trouve que l’on manque grandement de prudence
pour le moment. »
Science et avis
médicaux
« Je suis scientifique, et j’ai donc du respect pour la démarche
scientifique. Je pense qu’il faut être conscient aujourd’hui que la
science et l’analyse de la littérature scientifique ne suffisent pas.
Toute analyse scientifique est respectable, c’est une chose. Une autre
composante, et j’aurais tendance à les mettre à 50/50, sont les avis
médicaux, et ce n’est pas une question de littérature scientifique. J’ai
été très impressionné pour ma part il y a quelques années par l’appel de
Bamberg, parce que là, les médecins de Bavière, ont constaté parmi la
population des éléments qu’il n’avaient pas observés auparavant. Ils ont
mis cela ensemble et ont interprété ces observations en se disant :
c’est peut-être bien cela [un problème de rayonnement
électromagnétique]. En conséquence, je trouve que l’avis médical devrait
être plus pris en considération qu’il ne l’est aujourd’hui. La science
ne suffit pas. »
Révision des
normes
« D’où viennent les normes actuelles ? L’OMS en 1993 a indiqué que
l’exposition, à tel niveau de rayonnement (au sein d’une fourchette),
d’un adulte en bonne santé pendant 30 minutes qui élève la température
du corps de moins de 1°C est considérée comme non dommageable pour la
santé, et elle y applique un facteur de sécurité de 50 à partir de la
valeur de la fourchette la plus haute. L’ICNIRP, cinq ans plus tard en
1998, garde les mêmes valeurs mais, sans explication, ne l’applique plus
seulement aux adultes en bonne santé mais à tout le monde, et sans
explication non plus, l’applique non plus sur 30 minutes mais 24 heures
sur 24. «
Il y a donc là un problème réel et important à la source même des normes
internationales actuellement en vigueur.
Soutien de la
population
« Nous sommes ici dans le domaine des rayonnement non ionisants. Un peu
d’histoire aide à relativiser les choses. Il a fallu 40 ans après la
mort de Marie Curie pour qu’il existe des normes dans le domaine des
rayonnements ionisants. Aujourd’hui nous avons des normes, et j’estime
qu’elles ne sont vraiment pas assez sévères, mais nous n’en sommes qu’au
tout début. Je pense qu’elles vont nécessairement devoir devenir plus
rigoureuses. Ce dont je suis convaincu, c’est que ces normes ne
passeront à des niveaux plus bas que si la population se manifeste. »
C. Commentaires sur les recommandations
Au cours des ateliers de l’après-midi, auxquels se sont associés une
douzaine de représentants des opérateurs parmi les 200 participants,
plus d’une centaine de recommandations ont été faites. La grande
majorité remettant en cause la législation et la politique laxiste du
« tout au sans fil » en vigueur.
Les associations ont apprécié le niveau d’écoute et la qualité des
débats de l’après-midi et adressent à cet égard leurs félicitations à
l’institut des éco-conseillers et à IEW. Elles espèrent que le rapport
final de IEW, attendu dans les 15 jours, traduira convenablement ces
recommandations.
CONTACT AUPRES DES ASBL
TESLABEL :
www.teslabel.be et
www.001.be.cx
Joseph Agie de Selsaten, Président, tél. 02 735 04
33
joseph.agie@skynet.be
Jean Delcoigne, Secrétaire, tél 02 673 12 01
jean.delcoigne.@skynet.be
CLAG :
(Collectif de Luttes Antennes GSM)
www.clag.be
Théo Bruyère, Président, tél. 04 252 65 23
theo.bruyere@teledisnet.be
GRAPPE :
(Groupe de Réflexion et d’Action Pour une
Politique Ecologique)
www.grappebelgique.be
Michèle Gilkinet, Présidente, tél. du siège social
081 23 09 69
peterplume@skynet.be
Georges Trussart, Administrateur délégué, tél 081 21
29 53
g.trussart@skynet.be
GRHaL : (Groupements
Réunis des Habitants de Lambermont) :
Eric Gason -
Eric.gason@ppg.com
Tél 011 26 33 46
L'institut
scientifique de service public (ISSeP) est un organisme
d'intérêt public sous l'autorité du Gouvernement wallon. Il
emploie 290 personnes et s'organise autour de trois axes : la
caractérisation de l'environnement ; l'évaluation des risques
environnementaux et accidentels ; la veille et le développement
technologique. Reconnu comme centre scientifique aux
potentialités multiples, sur le plan régional, national et
international, l'ISSeP est actif dans de nombreux comités
scientifiques et techniques et réseaux d'experts européens.
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